lundi 27 avril 2009

D'une pierre deux coups

Je croise les doigts pour que tout fonctionne...
Histoire d'être en contact avec plein de gens et plein d'animaux pour attraper la fièvre porcine, nous avons fait une virée au zoo du Bronx (en étant si loin, il faut rentabiliser son voyage !)

Les animaux étaient trop mignons et il y avait pas mal de singes minuscules que j'aurais volontiers adoptés.

L'hôtesse d'accueil.

Note savante : ces flamands-roses sont différents des flamands roses européens parce qu'ils ont les jambes bleues. (On veut vraiment nous faire avaler n'importe quoi)

Les giraffes savent jouer à cache-cache !

Heureusement qu'il avait son appareil de paparazzo pour son safari.

Mes cris complètement gagas l'ont rendu perplexe.

Marcel !

Narcisse.

Les États-Unis ou l'efficacité en toutes circonstances


Ici, on se marie quasiment systématiquement, à moins qu'on fasse les "originaux".
Bon, on voit que ça ne se solde pas toujours bien, et d'ailleurs "signature de l'épouse non nécessaire", parce qu'on sait bien qui est "l'emmerdeuse" dans l'histoire... Et pour libérer également les maris hispaniques "Se habla Español" !

dimanche 26 avril 2009

Checklist J-12

Je suis à moins de 2 semaines du départ pour le plus grand voyage de ma vie, c'est le moment de faire l'inventaire de ce qui est prêt et de ce qu'il me manque.

Ce que j'ai:
- un ami pour voyager (quoiqu'il ne soit physiquement pas encore là) qui ne conduit cependant pas
- des guides de voyage aux Etats-Unis (Antoine, tu en seras le lecteur -en anglais)
- un sac de couchage (moche)
- un iPhone (mon amour qui ne captera pas 70% du trajet, je le sens
déjà venir gros comme une maison)
- un permis de conduire (!!!) (sans la clé de la photo)
- un itinéraire génial (allez, je le remets et nous pouvons tous baver en le regardant)

Vu de la sorte, je me trouve déjà bien équipée et je ne vois pas
pourquoi paniquer. Voyons donc ce qu'il me manque :
- une tente (fastoche, le gouvernement français en distribue gratuitement)
- du nettoyant antiseptique pour les mains (luxe du voyageur des
années 2000 pour les européens, 90 pour les américains)
- crème solaire (parce que j'ai commandé du beau temps)
- vraies lunettes de soleil (parce que j'ai commandé du beau temps -bis, et non, je ne cèderais pas au désir d'une paire de Ray Ban ! C'est déjà trop tard. Je n'achèterai probablement pas non plus cette paire de Bvlgari à 400$, ceci dit)
- une assurance pour la voiture (ici elle prend la forme d'un lézard qui nous parle)
- une voiture (no comment)

D'ici l'arrivée d'Antoine le 3 mai, 2 de ces manques doivent être comblés et ce n'est pas l'antiseptique ni la crème solaire, les lunettes ou la tente.

Je suis foutue !

Demain, l'opération "Clémentine-fille-d'une-décroissante cherche une
voiture" commence officiellement avec ma première visite dans le Bronx.

J'ai été accueillie au téléphone par un homme qui marmonnait et m'a
posé plein de questions pour ensuite m'inviter à son anniversaire ce
soir (désolée, je suis déjà prise) et me proposer de me balader
dans les environs.
J'aimerais être plus laide encore que je ne le suis pour lui faire un
gros choc quand il me verra.
Au lieu de quoi, je serai accompagnée d'un garçon très grand qui
sera l'homme de la situation: il saura dire si la voiture est bien et
il me servira d'excuse pour ne pas pouvoir aller voir les environs en
tête à tête avec cet interlocuteur mystérieux.


To be continued...

samedi 25 avril 2009

Les Vacances de M. Hulot

J'ai fini mon stage hier soir après une semaine de travail intense et quoi de plus savoureux pour se détendre que d'aller voir un film de Tati au cinéma ??? Vraiment, le BAM (ce sur quoi je suis censée écrire une partie de mon mémoire-sujet tabou) a une programmation d'une qualité exquise, je dirais même plus: française !

Je cesse immédiatement ce nationalisme et vous fais partager un bout de ma soirée.


lundi 20 avril 2009

Ma vie, mon stage, mon voyage

Je finis de travailler dans 5 jours, avec regret ! Je m'amuse beaucoup dans ce que je fais à (?) mon stage, j'ai tout un tas de projets quotidiens dont le but est intéressant, et surtout, j'aime beaucoup l'approche du Marketing de cette institution que je ne nomme toujours pas.
Je n'ai jamais entendu parler d'argent à gagner à travers une campagne publicitaire, il ne s'agit que de publics à atteindre ou de messages à faire passer, ce qui rend le travail très humain.

Avec mon stage s'arrêteront les privilèges culturels innombrables tels que l'entrée gratuite pour 2 personnes dans tous les musées de la ville ! J'ai tenté d'en profiter autant que possible, mais quel luxe que j'aimerais faire durer...

Heureusement, la suite s'annonce plutôt palpitante puisque mon cher ami Antoine arrive début mai pour un mois durant lequel nous traverserons les États-Unis d'Est en Ouest puis du Nord au Sud... Voyez l'itinéraire ci-dessous. Je ne m'étends pas trop parce que l'itinéraire est le plus concret de ce que nous avons pu organiser jusqu'à présent. Nous devons encore acheter une voiture et souscrire à une assurance (je devance les questions : louer coûte plus cher qu'acheter pour une si longue période).
Je sens mon estomac se nouer dès que je réfléchis à ce pas à franchir donc je m'arrête là, mais j'ai HÂTE !

Départ le 8 mai (date du débarquement français aux États-Unis, quoi)


PS : Message sans aucun lien, mais j'ai des nouveaux voisins au-dessus de chez moi: des écureuils. Ca me dégoûte moins que les rats et j'essaie de garder une image mignonne en tête quand je les entends gratter ou courir comme des chiens dans un appartement.

PPS : Parce que je sens bien que mon mal de tête de ce soir joue sur l'énergie de ce post, surtout après m'être cassée la tête à faire une leçon de Twitter que personne ne lira probablement, je vous promets un post sur le yoga prochainement, sacré aventure de vraie new yorkaise aussi, ça. Qui l'eut cru ?

What are you doing right now? - leçon sur le twittering

Je me suis mise à Twitter. Je sais, pas très original comme action, et en plus, en plein dans le boom, alors que j'y résistais depuis l'année dernière !

Je me reproche mon manque de résistance ou d'audace à l'époque où j'en ai entendu parler la première fois. Parce que là, ça fait exactement le même effet que les jeans slims : les premiers qu'on a vus nous ont paru être une agression visuelle ou une blague, tellement il était hors de question qu'on en porte.
Et maintenant : peu nombreux sont ceux qui y ont résisté, et même si vous avez tenu le coup de la résistance, ben y a pas vraiment de quoi être fier parce que tout le monde s'en fiche tellement tout le monde en porte...

Avant d'oser le slim, il m'a fallu en voir un certain nombre, et je me souviens même avoir questionné Zoé lors de mon premier achat : puis-je le faire ? Oui oui, m'avait-elle rassurée.

Bon, je me suis éloignée du jean slim pour me fixer sur le pantalon droit, mais ça n'est qu'une pauvre alternative et je me fonds dans la masse en attendant la prochaine forme...

... Alors, Twitter.

Pour ceux qui connaissent Facebook, c'est le même genre, sauf qu'il n'y a pas de profil, juste une page de statuts mis à jour (très) régulièrement, voire intempestivement pour certains.
Pour ceux qui ne connaissent pas Facebook, euh... Vous êtes sûrs que c'est moi qui ne sait pas condenser mes descriptions qui doit vous l'expliquer ? Bon bon, je me défie moi-même : il s'agit d'un réseau social sur lequel on a un pseudonyme et une page d'accueil sur laquelle on écrit notre mise à jour du moment. Par exemple, j'ai raconté que je suis allée au New Museum de New York, aujourd'hui et que l'expo Younger Than Jesus était géniale.
En même temps, sur la page d'accueil, j'ai les mises à jour de tous les gens que je "suis". Quand on trouve quelqu'un dont les mises à jour nous intéressent (en général, soit on cherche quelqu'un de précis, soit on clique par-ci par-là et on tombe sur quelqu'un dont on veut connaître les mises à jour), on décide de suivre la personne (en cliquant sur "suivre").

Contrairement à Facebook, on ne devient pas amis avec les gens, on les suit mais ils ne sont pas obligés de nous suivre en retour, tout comme je ne suis pas tous ceux qui me suivent. Vous me suivez ?

Bon, jusqu'à présent, je suivais quelques personnes que je connais personnellement ainsi que des institutions culturelles et des journaux ou magazines (quelqu'un travaillant là-bas est chargé de s'occuper du Twittering, pour une meilleure exposition au public).
Ainsi, quand je suis allée au musée Whitney la semaine dernière, j'ai dit Je suis allée @Whitney, c'était super. Ok, je n'ai pas dit ça exactement, mais le fait que j'aie inséré le "@" (qui veut dire "chez" ou "à") a automatiquement généré un marquage au Whitney qui peut voir ce que j'ai dit sur eux. Si je n'avais pas voulu leur communiquer mon enthousiasme, j'aurais juste mis "au Whitney".

Je communique donc en même temps que je partage avec tous mes suiveurs.
Aussi, il faut savoir que si on veut communiquer avec quelqu'un, tout le monde qui nous suit le voit. De ce constat naît un certain nombres de choix stratégiques à faire.

Sachant que je me sers de Twitter pour connaître les liens que les musées et journaux d'informations ou de culture suggèrent, mes status sont en général orientés dans la même direction. Je me suis jusqu'à présent gardée d'y raconter ma vie qui n'intéresse personne, je vois ça comme un outil de partage intellectuel, qui se transmet d'une façon virale : je vois un élément intéressant que reprends et fais partager à mes suiveurs. Un bouche à oreille instantané.

Mais tout ceci s'est corsé aujourd'hui, lorsque j'ai décidé de jeter un oeil au gros buzz du moment: les pages Twitter de Demi Moore et son mari Ashton Kutcher. Ce dernier a fait une course contre CNN pour avoir 1 million de suiveurs le premier, et le couple s'amuse à raconter leur vie sur cette page, tandis qu'ils répondent aux réactions des gens et qu'ils écrivent à d'autres personnes.

C'est ainsi que j'ai découvert toute une ribambelle de people qui tweete (c'est le verbe) et s'entre-tweete aux États-Unis. Plein de bons sentiments, mais surtout des interactions incroyables puisque ça y est, nous sommes arrivés à l'ère d'une réhumanisation de certaines personnalités qui deviennent accessibles.
C'est fascinant d'une certaine manière. J'ai donc lu comme Nicole Ritchie s'enthousiasmait pour le concert de Britney Spears et mettre toutes ses impressions à jour au fil du concert, depuis son iPhone, évidemment. J'ai aussi découvert comme Oprah Winfrey raconte qu'elle fait du sport et comme Ashton Kutcher et Demi Moore se moquent l'un de l'autre d'une façon plutôt pathétique. Une mine d'or pour ceux qui aiment les people, donc.

Je dois dire que les people ne sont pas trop mon truc dans la vraie vie et encore moins sur internet. J'ai quitté ces pages sans regret, me disant qu'il vaut mieux pour ces personnalités qu'elles restent innaccessibles, parce qu'aucune d'elles ne sont intéressantes.
Toutefois, lorsque j'ai découvert que Courteney Cox Arquette (Monica dans Friends) avait aussi une page Twitter avec un nombre bien inférieur de suiveurs, je n'ai pu m'empêcher d'être attendrie par sa surprise d'avoir 2000 suiveurs et surtout par le fait qu'elle demande à ses suiveurs ce qu'ils font le week-end ! Elle semble naïve face à internet, on a dû lui dire que Twitter était bon pour son image et elle ne se rend pas compte que sans poser de question, elle génèrera déjà forcément une très grosse quantité de commentaires, alors si elle demande leur avis au public, elle ne s'en sortira jamais !

Enfin, en tant qu'inconditionnelle de Friends que je fus, la voyant accessible soudainement, j'ai craqué et l'ai marquée d'un "@" dans mon dernier tweet. Faiblesse ! Je refuse de transformer Twitter en une source people alors que j'en avais fait une source culture. En espérant que je ne me laisse pas dépasser par cette virtualité.

Quelle banalité, tout ceci, mais vraiment cet outil a un potentiel humanisant très impressionnant. Il est dépourvu du caractère fatalement intime et envahissant de Facebook tout en ayant le pouvoir de rendre des institutions culturelles et des journaux vivants !
Les musées nous parlent et nous répondent, il y a là un potentiel de communication qui séduit les foules ! Voilà comment se passe le marketing (entre autres) en temps de crise, et c'est assez efficace.

C'est fou comme du vide physique peut nous passionner.

jeudi 9 avril 2009

Jacques Tati a 102 ans !


La plupart le savez déjà, je suis une inconditionnelle quasi-pathologique de l'oeuvre de Jacques Tati. D'ailleurs, en ce moment-même, le merveilleux livre de Stéphane Goudet et François Ede Play Time me sert d'appui sous mon ordinateur, brûlant d'activités depuis 6h.
En plus d'être d'une richesse incroyable, ce livre résiste bien mieux à la chaleur que mes collants !

Depuis le 8 avril, la Cinémathèque Française présente une exposition dédiée à Jacques Tati, dont les comissaires sont le même Stéphane Goudet et Macha Makeieff. Courez-y !!!
http://www.cinematheque.fr/fr/expositions-cinema/tati.html

On peut même faire un pélerinage Tati dans tout Paris :
http://www.cinematheque.fr/fr/expositions-cinema/tati/index/tati-trip.html

Ne me demandez pas ce que ça me fait d'être expatriée pendant des événements que j'attends depuis des années... (hurlement intérieur - oui, je suis folle)

mercredi 8 avril 2009

J'attends toujours le printemps


Le printemps se fait capricieux. On m'avait prévenue des pluies fréquentes du mois d'avril, mais quand même, c'est pas le moment d'avoir du beau temps quotidiennement maintenant ?

Aussi, comme je ne fais pas de photos à cause de la lumière grise, j'en profite pour abreuver vos yeux de la merveille des merveilles (oui, référence à Peau d'Âne !) : Yosemite Park.
Retour sur des paysages californiens renversants, donc (et plutôt frisquets vu la neige et le brouillard 95% opaque auxquels on a eu droit - inutile de vous dire qu'on ne faisait pas les malins avec une champ de vision de 3mètres).
Je vous épargne mes commentaires sur la grandeur des arbres et des paysages américains en général qui me font me dire que l'essence du "plus grand et plus fort que les autres" leur vient de cette abondance naturelle qui les entoure. Les pins landais (paix à leur âme) sont de la gnognotte à côté ! Ne prenez pas ça pour une insulte (je sens déjà ma famille prête à bondir et à défendre les paysages Gascons) : je n'y suis pour rien et je ne prends pas parti - je constate !
Que beròi, quand même, non ?

Drew, créature californienne francophile photographe, accessoirement compagnon de route (qui ne laisse pas conduire tant que ses yeux ne se ferment pas malgré lui !) et d'amitié.

Et là, sur le chemin du retour... L'Ouest, le vrai ! Le pompom. Après avoir croisé un hangar peint entièrement comme un drapeau américain avec le ruban doré "support our troops", j'ai réussi à attraper ce que je recherchais comme du pétrole : un moulin à vent !!!

Je m'apprêtais à finir sur cette note délicate : comme le dirait mon cher ami Antoine "Y a pas à chier, c'est beau". Mais je suis encore tellement fascinée par ces paysages que j'hésite à me passer de commentaire...

jeudi 2 avril 2009

I love NY

A Paris, on a les rappeurs de l'Est pour nous divertir lors de nos voyages avec la RATP.
En général, ça donne ça : deux hommes d'une quarantaine d'années qui rappent sans qu'on comprenne quoi que ce soit et qui mettent la musique à fond la caisse.
Je me demande toujours si c'est plus rentable que l'accordéon et ce qui les a poussés à se lancer dans un rap plus mauvais qu'Amandine du 38 alors qu'ils connaissent forcément des chansons plus exotiques, mélodiques et moins accablantes.
Donc, en général, pour ceux qui ne voient pas de quoi je parle, ça donne ça (réactions inexistantes ou agacées).



Aux États-Unis, parce que les américains sont trop forts (qu'est-ce qu'ils ne font pas ? ... Les choses à moitié...), on a droit aux vrais Bluesmen aveugles qui chantent "Tears on my pillowwww", les break dancers qui mettent un peu musique et font des acrobaties que je ne peux même plus conceptualiser, tout ceci dans un métro bien chargé, sans oublier les joueurs de percussions qui arrivent à faire se dandiner quelques hommes (oui, les hommes dansent en étant sobres, ici) et bien entendu les chanteurs de gospel qui arrivent, eux, à faire sortir un "Hallelujah" ou deux à quelques inspirés. L'autre soir, alors que je rentrai tardivement de l'endroit dont je ne dois pas prononcer le nom, mais où je passe toutes mes journées (non, ce n'est pas un endroit innomable par son caractère choquant, mais toujours le même !), je suis tombée sur ce couple de musicien qui devraient recevoir le prix du meilleur numéro de métro !

La fille se fait d'abord passer pour une voyageuse puis soulève tout le public avec son ryhtme et sa voix qui en jette, tandis qu'on commence tous à se prendre au jeu tellement ils sourient et tellement ils restent, on se sent honorés.
Résultat, 10 minutes après le début, alors que tout le monde se dandine et que la jeune fille fait la quête, l'un des passagers ne tient plus et vient les encourager en se dandinant de plus belle, lui-même encouragé par une autre fille qui rythme "hee... hee... hee..." (elle a tout filmé, je me demande si elle regrette d'avoir hurlé "hee" une cinquantaine de fois si bien qu'elle ne doit plus entendre la musique - enfin, moi je dis ça, je ne dis rien...)
Bref, ambiance de folie dans un métro d'habitude tout aussi morne que le parisien, et tout le monde a continué à se parler après leur départ "take it easy, man...", succès énorme donc, parce qu'en général, on sourit 5 secondes et puis toute trace de contentement s'efface progressivement.

Assez bavassé, je vous joins les deux vidéos que j'ai prises.



Flashback

L'été dernier, j'ai passé un week-end à Cologne.
J'ai assisté à une des scènes les plus absurdes de ma vie. J'aurais bien aimé que Jacques Tati soit avec moi, mais mon ami Antoine a bien fait l'affaire.

Les statues immobiles pour touristes - qui sont apparemment des immigrés d'Europe de l'Est (langue non identifiée) - ne se font pas de cadeaux, surtout lorsqu'un ange s'incruste !
Charlie Chaplin ne digère pas le coup...


mercredi 25 mars 2009

Busy as a bee

Travail aux heures ouvrables et plus si affinités, mémoire qui me hante (Céline Dion n'est toujours pas de retour sur mon ordinateur, ceci dit, il y a de l'espoir), enquête qui me réjouit mais occupe 80% de mon esprit au moins, impôts dont il faut s'occuper à distance et en deux fois (joies d'être expatriée), dent qui me fait mal mais crainte des factures en version originale non sous-titrée qui ne satisferait pas mon assurance française, préparation d'un long périple voituresque, candidature pour un an d'études supplémentaire, des stages, etc...

Je patauge, je glisse : je suis DÉBORDÉE !

J'en remets une couche ? Allez.

Je ne m'attarde pas sur la situation politique française, sauf pour vous inviter à participer à la ronde des obstinés sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris ! Il ne s'agit que de 2h par ci, par là... Ce n'est pas comme si on vous demandait d'aller aux réunions régulières d'un parti pour vous présenter (hum... Pas d'inquiétude si cette phrase n'a aucun sens à vos yeux)

J'ai plein de visites, très sympas mais qui m'occupent, ma vie sociale à développer (oui, à quoi bon puisque je repars bientôt, mais que voulez-vous ? Je suis philantrope, faut-il croire).

Sinon, parce que je vois bien que ce post n'a aucun autre intérêt que celui de procrastiner et qu'il est tellement dénué de contenu que ça n'est même pas possible de faire comme si j'avais été productive, je vous fais quand même part de mes impressions du jour:

Vernissage d'une exposition sur l'Ouest américain en photo dans cette "petite galerie" dont j'ai parlé récemment, où je fais mon stage. (vous suivez toujours ma censure, c'est bon ?)
Exposition magnifique avec tous les photographes qu'il faut (dites-moi si les noms vous intéressent), mais surtout qu'est-ce que la scène hype new yorkaise est divertissante !!!

Bon, en fait ce n'est pas si surprenant, il suffit d'appliquer le principe américain à cette situation : prenez une caricature, multipliez-là parce qu'ici tout est en grande quantité et puis rendez-vous finalement compte que non, ce n'est pas une caricature.
Autrement dit, ici, c'est bel et bien pour de vrai que deux personnes qui ne sont pourtant pas des jumeaux fous s'habillent EXACTEMENT pareil en pantalon à velour côtelé avec des chiens dessus, vestes à motifs indescriptibles et cheveux plaqués au Bento. Dans un tel vernissage, c'est normal d'avoir une coupe qu'on ne voit que dans des clips musicaux en France.

Accessoires indispensables du visiteur invité au vernissage :
- lunettes rondes, dont la monture fait un demi centimètre d'épaisseur (au moins)
- cheveux raides avec une coupe très stricte mais pas carrée, si possible un véritable bol qui n'aurait pas forcément été posé droit sur la tête au moment de la coupe
- chaussures à talons... hideux (impossible de décrire ce qui ne m'a évoqué qu'un culbuto pour enfants)
- privilégiez la maigreur (la minceur passe encore, mais il vaut mieux que vos os soient saillants). Les rondeurs ne sont pas à la mode dans le milieu, c'est un fait qui semble international
- il n'est pas question que votre pantalon "tombe bien". Vous savez quand vous voyez venir une mode mais avez l'oeil encore agressé par l'habit jusqu'à ce que vous ne rêviez plus que de l'avoir ? Bon, ben là c'est pareil, sauf qu'à mon avis ça agressera toujours nos yeux, tellement peu de gens peuvent être assez courageux et fier pour parvenir à se sentir beaux dans de tels sacs/tuyaux/emballages...


Je cherche une chute, mais rien ne me vient.


... 5 minutes plus tard : "à tchao, bonsoir" en hommage aux guignols ?

... 2 minutes plus tard : damnit...

... 3 minutes plus tard : et si j'effaçais mon post ?

... 1 minute plus tard : heureusement que la fonction "annuler" existe !

... 4 minutes plus tard : de quoi je parlais, déjà ?

... 2 minutes plus tard : il y a prescription, non ? Je sais que vous lisez mes 17 minutes en 4 secondes, mais vous aussi, vous vous en fichez, non ?

... 3 minutes plus tard : je vais me coucher.

... 2 minutes plus tard, après réouverture mon ordinateur : vous devriez lire "Sans nouvelles de Gurb", d'Eduardo Mendoza. Très rapide et bien plus drôle que moi qui plagie inconsciemment !

... 4 minutes plus tard, après avoir tué une mite alimentaire qui vient de l'étage du dessous (oui c'est répugnant de se dire qu'elle vit dans ma chambre avec le raton laveur qui me réveille et le cafard qui me fait la tête depuis que j'ai bouché les lattes du parquet - pourvu que ça dure) : j'abandonne l'idée d'une chute et me me mets à mon somnifère instantané : "Berlin Alexanderplatz" en allemand. A mon grand désespoir, je ne tiens pas plus de 2 pages, tellement je ne sais que parler allemand et presque pas lire.

dimanche 15 mars 2009

Aïe


Vous le savez peut-être, quand je décide de m'intégrer dans une culture, je fais les choses jusqu'au bout : à Berlin, je m'habillais avec des habits dont je me suis depuis débarrassée et des mini-jupes associées à des grosses baskets (écrases-merdes, comme dirait mon grand-père) sans complexe. Je passais mon temps dans les cafés et je me promenais en vélo.

A Providence, muffin le matin et tasse thermos de thé, je m'en allais en cours.

A New York, donc, j'ai délaissé mon thermos de thé parce que le métro est trop plein et que je veux que mes mains soient libres, soit pour utiliser mon iPhone (New Yorkaise que je suis, je me dois de tapoter dessus frénétiquement), soit pour lire (activité internationale, c'est rassurant). Je me maquille dans le métro (ça c'est ma touche française que j'ai traînée à Berlin aussi, et qui ne semble pour le coup pas internationale), et je prends une seconde paire de chaussure quand il pleut.

Grande tradition ici : les américains s'habillent bien au travail, mais ils aiment le confort. La rue ne semble pas être un terrain d'exposition pour tous et toutes ces filles qui portent des bottes UGG (ça ce sont de vrais écrases-merdes) et des baskets de sports ou encore des bottes en caoutchouc (seul le dernier cas me concerne, rassurez-vous). Sachez qu'elles ont en fait des chaussures à talons ou des ballerines dans leur sac !
Nombreuses sont les femmes (et les hommes ?) qui ont plusieurs paires de chaussures au travail, parce qu'elles (et ils ?) ne viennent qu'en "tenue confort".

Je suis allée aux toilettes à mon arrivée l'autre jour et j'ai vu qu'une femme qui mettait son jean sur la porte (voir photo - ce n'est pas à mon travail, mais les toilettes permettent de voir les pieds et, si tel est le cas, un pantalon accroché sur la porte), puis j'ai aperçu deux paires de chaussures au sol ! La tenue confort est de mise jusqu'au dernier moment.

Ça m'intrigue un peu, parce que trouve l'idée de croiser quelqu'un en pyjama (oui j'exagère) dans l'ascenseur assez gênante, et c'est un risque quand tout le monde commence à la même heure et qu'il n'y a que deux ascenseurs pour tout le bâtiment.
Aussi, l'ascenseur ne compterait pas comme zone de "tenue correcte exigée" ?

Pour ma part, j'ai adopté la solution des bottes en caoutchouc comme tout le monde lorsqu'il pleut (je ne me souviens plus de comment on fait à Paris) et j'ai emmené mes chaussures bâteau avec moi l'autre jour, les enfilant dès mon arrivée.
Note aux fronceurs de sourcils : ici, les chaussures bâteau n'ont pas la même connotation qu'en France. C'est un accessoire très fashion et sophistiqué et j'avoue que je ne vois pas ce qu'on leur reproche, parce que je les aime de tout mon coeur américain, à présent.

Je devrais revenir sur le concept du changement d'habits selon les circonstances, mais je m'égare vraiment trop de mon intention intiale : détailler mon intégration.

J'ai donc décidé de me faire aux moeurs locales et j'ai dû me mettre aux yaourts avec fond de fruit et texture jamais aussi onctueuse qu'un Yoplait, j'ajoute aussi des germes de je ne sais quoi (appelés Sprouts) dans mes salades et j'apprécie le beurre de cacahouhète mêlé à la confiture (si si, c'est délicieux), les bagels au cream cheese et les cookies du pays.
Vous me trouverez cependant résistante sur les frites à outrance, hot dogs, jus de fruits bizarres et surtout sucrés, pâte à pain en tube de carton, macaroni et fromage en poudre - le pire étant le fromage coulant en conserve - ignoble comme concept - et j'en passe un certain nombre.

Si la gastronomie est un point assez douloureux dès que je suis hors de France, d'Espagne, d'Italie ou de Grèce, j'en reviens au reste que j'épouse avec perplexité face à moi-même.

Ici, c'est : la salle de sport.

Ça y est, j'ai franchi le pas et je fais du sport sur des machines en observant tous ces gens pour lesquels ça semble être quasi-inné et qui restent impassibles pendant très longtemps, tandis que je souffle, soupire, et ne vais pas tellement au-delà du découragement pour repousser mes limites corporelles.

Les américaines parlent toutes de l'émission qu'elles ont vu pendant qu'elles couraient à la gym, tout le monde se ballade avec un sac de sport ou un tapis de yoga en plus de son sac à main. On s'exerce avant le travail plusieurs fois par semaine pour les psychopathes, après le travail pour le commun des mortels (élevé aux hormones transgéniques, donc bien plus résistant que nous autres faibles français qui ne descendons qu'à peine des Vikings, pour ne pas arranger les choses).
Mais voilà, tout le monde va à la gym et celui qui n'y va pas n'est pas sain, parce qu'on sait bien qu'il faut faire du sport pour rester en forme, ce que l'on veut évidemment. Le vélo pour se déplacer à travers la ville n'est pas une option, mis à part pour les livreurs en tous genres (ce n'est pas une solution écologique, mais économique) qui peuvent se mettre en danger parce que sinon on les renverra au Mexique. De mon côté, je m'en tiens aux transports en commun.
Ainsi, éponge que je suis, j'ai l'accent américain (assez francisé tout de même), je jure plus que je ne le devrais avec le plus grand naturel et je me suis inscrite dans un circuit de salle de sport.

Je suis une des leurs : hourra.

Je déteste à un point quasi ontologique le fait de courir qui ne m'apporte qu'un sentiment de pénibilité et de contrariété, mais la société américaine aime se défier, alors je me défie aussi ! Je monte régulièrement sur un tapis roulant (ok, un tapis de course) pour me défaire de ces vieux griefs. Je ne sais si en dépassant 15 minutes, je passerais à un stade supérieur, qui me ferait découvrir les joies de la course, mais pour l'instant je ne peux consacrer plus de temps à une telle activité !
Aujourd'hui, après une semaine passée à tenter d'aller dans des piscines dont les les portes étaient fermées (en me levant plus tôt pour y aller avant de travailler ! On ne récolte aucune contre-partie positive faca à une porte fermée quand on s'est prématurément extirpé des bras de Morphée), je me suis lancée : "conditionnement total du corps".
Moi qui n'avais jamais mis les pieds dans un cours d'aérobic ou autre activité de ce genre, je ne peux m'empêcher de me demander dans quelle mesure les américains font une fois de plus les choses en grand : je n'ai jamais autant sué de ma vie en si peu de temps.
Je n'avais jamais eu à avoir recours à une serviette pour m'éponger le visage et j'ai eu du mal à attraper ma veste tellement mes bras étaient épuisés après cet exercice. Bien sûr, la prof souriait en hurlant "Allez, les poids de 5 kilogs en levant les bras et les jambes et en sautant d'un pied sur l'autre 20 fois !"
Là aussi j'ai observé mes camarades de souffrance : beaucoup de sueur, des signes de douleur (ah, on faiblit !), mais jamais de regard affolé sur la pendule par l'idée que ça ne fait que 10 minutes que ça a commencé et qu'il en reste encore 45 à tenir.

Je me suis aussi rendue compte que je suis la seule à ne pas pouvoir faire de pompes. Quelle honte, vu l'air sportif que je semble avoir (selon les gens qui pensent que c'est un compliment ou que je suis une vraie sportive).

J'ai déjà des courbatures, je crains mon réveil et les journées endolories à suivre.

En plus, je vis avec l'angoisse de me transformer en une personne à laquelle on ne demandera plus si elle fait de la natation, mais du culturisme !

samedi 7 mars 2009

JVDUPDF ! (Je Vis Dans Un Pays De Fous)


Aux États-Unis, le vendredi est un jour bien spécial. En France aussi, me direz-vous, sauf qu'en France, c'est officiel : on attend le vendredi dès le lundi.

Ici, il est de mise de se saluer en s'exclamant "TGIF !" (prononcer ti dji aï èf, comme les lettres en version anglaise, quoi) qui signifie : Thank God It's Friday ! (Dieu merci, c'est vendredi !). Ou encore "Happy Friday !"
C'est ce que le monsieur de la sécurité me dit tous les vendredis (mon succès auprès de ce personnel est international).

Les bons voeux du vendredi me font sourire, même si je me dis que bon, ça va, il y en a quand même chaque semaine. La première fois, j'ai cru que c'était un vendredi spécial pour qu'on me souhaite une chose pareille...

TGIF, pour le coup, me sidère. C'est comme si, après avoir prétendu 4 jours que tout allait bien et que le travail nous rendait tous heureux, on laissait enfin exploser son impatience. Moi qui croyais vraiment que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, je découvre que tout le monde attend aussi le vendredi aux États-Unis !

Et c'est LÀ, précisément à cet instant que toute les contradictions de la culture américaine refont surface. Si je m'étends un peu sur la question, je crains d'employer le terme hypocrite. Aussi, je n'en dirais pas plus.

(Ici, imaginez vous mes mains tremblant sur le clavier : ne pas détailler ?! Moi ? Aaah, torture ! Est-ce que je craque en racontant comme je sais que cet enthousiasme est assez communicatif et que l'ambiance semble globalement meilleure que dans beaucoup d'institutions françaises ?
Et là, vous vous dites "Quelle démago, il faut toujours qu'elle trouve un point positif aux Américains alors que nous, on veut les détester tranquillement et pouvoir savourer ce mépris sans se dire qu'on devrait peser le pour et le contre !"
Ben oui, mais j'ai mauvaise conscience, sinon. C'est comme Roger Rabbit qui est obligé de répondre à toc totototoc... ) (Je sais, c'est seulement maintenant que je ferme la parenthèse).

Apparemment, ça choque particulièrement les étrangers puisque c'est ma voisine de bureau Alexandra (grecque qui a grandit à Istanbul et étudié aux États-Unis) qui m'a fait découvrir cette expression dont nous avons discuté lors du déjeuner ce midi, riant aux éclats, avec une réaction un peu perplexe de la part de nos collègues américaines qui ne voyaient même pas ce qui pouvait nous faire rire.

Je suppose que lorsqu'on a seulement deux semaines de congés par an, on sait se réjouir de deux jours consécutifs.

Dans la même veine, parce qu'ils sont de véritables festifs, il y a le "casual Friday" (vendredi décontracté), où, après 4 jours où on a fait semblant qu'il était normal de bien s'habiller, on vient au travail décontracté (jeans).

Sacrés américains. L'illusion et ça ne semble pas interpeler qui que ce soit.

lundi 2 mars 2009

Guess who's back...

Non, Obama ne désespère pas le peuple américain, ni même les populations expatriées, bien au contraire ! Je continue d'avoir les yeux qui s'humidifient chaque fois que je l'entends parler de l'égalité des chances, de ce qu'il va changer parce que c'est intolérable, etc.
Je sais que beaucoup se demandent ce qu'il va vraiment faire, mais peu importe, quel beau parleur ! Sérieusement, je crois à une amélioration, même si, pour que ce pays atteigne le notre en matière de social, il lui faudra encore bien plus de peine. Et pourtant, ce n'est pas le gouvernement français qui fait tout pour se tenir éloigné d'un système aussi individualiste !

What's up with me?
Le stage n'est plus un sujet tabou, puisque j'ai commencé au département marketing d'un grand musée depuis un mois. Ne pensez pas que je fais ma prétentieuse en l'appelant "un grand musée", mais voyez-vous, je reçois chaque matin (ainsi que tous les autres employés de cette institution) une newsletter recensant les référencements de Google pour cet endroit. Aussi, je redoute de nommer les lieux, de peur de me trouver demain matin dans la boîte mail de tout le monde.

Oui, internet fait peur ! Aussi, je vais tenter de ne pas m'étendre sur les descriptions mais assemblez les majuscules des prochains MOts et vous trouverez l'endroit où je passe désorMAis mes journées...

Trouvé ? Bon. (Je ne peux m'empêcher de préciser que la deuxième lettre est en fait en minuscule, pour le petit détail dont tout le monde se fiche sauf les quelques obsessionnels dont je fais partie).

Les lieux sont merveilleux, même enchanteurs, tout est beau et chaque chose que je vois semble m'enrichir un peu plus.

À cause de la crise économique, les fonds d'emploi y ont d'ailleurs été gelés, et Mildred (ma logeuse de 87 ans) ne peut pas vendre sa maison (à mon grand avantage) pour les mêmes raisons, les universités financent moins d'étudiants et leur refusent l'entrée en doctorat, la directrice de Brown nous écrit pour répondre à nos inquiétudes quant au financement de nos études (à 40000 $ l'année pour les "undergrads", on peut comprendre que certains se fassent du souci) et les entreprises font des pubs dirigées vers un public appauvri et secoué par cette ruine dont tout le monde parle. Je me demande si je peux aussi donner cette excuse, à la manière de "c'est Cannes, toute cette pression...". "Non tu comprends, à cause de la crise économique, il vaut mieux que je reste couchée aujourd'hui..."

Oui oui, bon, je ne suis pas hilarante, mais qui a dit qu'il s'agissait de rire de ce fléau ravageur qui nous rappelle la gangrène de la Tecktonik en France il y a 2 ans ?

Donc, travailleuse du quotidien - qui travaille plus pour ne rien gagner de plus - que je suis désormais : que suis devenue ?

Mildred possède une jolie maison dans Brooklyn, dans laquelle elle vit depuis 40 ans et dont elle loue désormais les chambres à des étudiants. C'est une très jolie maison, même si l'intérieur est un peu fait de bric et de broc vieillot, et qu'en plus de cohabiter avec 3 êtres humains, j'ai aussi une ou plusieurs souris que j'entends dans les murs, ainsi qu'un cafard gros comme mon pouce qui m'a un jour rendu visite.

Un français et deux américains vivent autour de moi. Concernant Mildred, elle garde la forme grâce à la méditation, selon elle, et se sent capricieuse de n'avoir jamais travaillé (donc de ne jamais s'être fatiguée, toujours selon elle).
Elle est très gentille, très cultivée et très
(vraiment très) bavarde mais surtout, elle met des points d'interrogation en carton dans les verres qu'on laisse trainer au lieu de les laver.
Elle a décidé qu'elle n'aimait pas les célébrités avant la cérémonie des oscars, mais en revanche, elle aime Obama et sa femme. Lorsqu'on a vu un bout du concert de Stevie Wonder à la Maison Blanche, elle m'a dit "ça passe sur une chaîne publique, si vous avez aussi des chaînes publiques en France, ils doivent sûrement passer ce concert", répondant au fait que ma famille aimait beaucoup Stevie Wonder aussi. J'aime comme les américains pensent que leur culture nous touche tous au même point qu'eux. Je n'ai cependant pas saisi l'occasion pour dire "Nous on a déjà une chanteuse à domicile à l'Élysée..." - allez savoir pourquoi !

Moi qui craignais de n'avoir plus rien à dire en me retrouvant dans un univers plus urbain, que nenni ! La culture américaine n'en a pas fini de me faire rire et de m'abasourdir.

La vie est douce à New York, mais j'aimerais qu'il arrête de faire froid.

mercredi 21 janvier 2009

Barack is great

Si j'étais une vraie blogueuse qui fait les choses correctement comme mon voisin à côté de moi qui met sa page Picasa à jour sur son ordinateur, je prendrais le mien quand je pars au lieu de promettre des photos auxquelles j'aurais accès une fois rentrée.
Mais voilà, on m'appelle déjà Madame Connectée, alors j'essaie de limiter les excès et je pars avec mon iPhone uniquement. Oui, c'est un véritable échec puisque je suis donc connectée en permanence, mais je ne peux pas communiquer aussi facilement qu'en utilisant un ordinateur et de toutes façons, là n'est pas la question !

Il s'agit aujourd'hui de Barack Hussein Obama, 44e président des États-Unis. Je me fais un peu solennelle pour vous mettre dans l'ambiance de la cérémonie.
Aujourd'hui, on ne courait plus tout nu dans les rues en criant Obama, mais on le regardait avec espoir en buvant ses paroles si justes et délicates.
J'en ai même versé une larme (enfin, plusieurs) et j'ai été touchée qu'il évoque les non-croyants en parlant des religions. Enfin quelqu'un qui considère l'athéisme ou l'agnostisme dans ce pays où l'Église et l'État sont pourtant officiellement séparés !

Aussi, j'étais admirative du retournement de point de vue sur les "pays ennemis", lorsqu'il a dit que leurs peuples seraient reconnaissants de ce qu'ils auraient construit plutôt que détruit. Barack est si brillant.

Le peuple américain est fan de la famille Obama : Michelle et leurs deux filles provoquent des cris de joie, comme Oprah Winfrey qui est apparue dans le public et que toutes les femmes aiment.
C'était amusant de voir les "wouuuuuh" de bonheur et les "bouuuuh" de mépris, au rythme de l'arrivée des personnalités.

J'ai vu tout ça depuis "le Mall", pas le centre commercial mais la grande esplanade (pelouse ?) qui fait face au Capitol où la cérémonie avait lieu.
Arrivés deux heures avant, nous avons eu le temps de geler sérieusement et je pense qu'il était difficile de devenir trop euphorique, avec le sentiment de ne plus avoir de pieds du tout. Mais tout le monde était heureux et c'est surprenant une masse de 2millions (ou plus ?) qui est heureuse sans être spécialement festive.

Nous avons mis près de 3h pour trouver un métro, après avoir erré au milieu d'une foule infinie et terminé en marchant sur une autoroute fermée. Quelle aventure, Barack m'a épuisée !

mardi 20 janvier 2009

Pour que Barack casse la baraque

Virée spontanée à Washington pour assister (sur écran géant) à l'investiture de Barack Obama !
J'ai passé la nuit dernière dans un bus Greyhound plein de gens trop contents des jours qui les attendaient. Une femme a tapé dans ses mains en criant "Obama !" une fois le bus parti. Il faut dire qu'il y avait du monde dans la gare routière et que nous n'étions pas sûrs de pouvoir monter dans le bus magique.
4h30 plus tard (à 5h du matin), je posai le pied sur le sol de la capitale des États-Unis. Impressionnant ! Enfin non, pas à cette heure, je dormais encore à moitié, pour continuer les 2h de sommeil du car.
J'ai passé la matinée chez les parents d'un de mes co-voyageurs qui habitaient en banlieue et sont des lèves-tôt et qui nous ont préparé un petit-déjeuner à l'américaine (salé !). J'essaie de me faire à l'idée de manger du samos au saumon à 6h du matin, mais c'est pas toujours évident. Enfin, une douche et une sieste de 15minutes plus tard, direction notre vrai logement, de l'autre côté de la rivière de la ville : chez un anarchiste avec sa copine qui vivent dans un immeuble avec portier et fitness... Hum, j'aimerais bien le voir se confronter aux anars berlinois !

Enfin, nous sommes gentiment et gracieusement accueillis, c'est très confortable !
J'accompagne une bande d'américains bien-heureux à travers la ville-monument et je me retiens de pleurer en voyant les enfants se faire fièrement photographier devant le mémorial.

A différents endroits, les gens s'attroupent pensant qu'ils verront Obama passer parce que la police bloque la rue.

J'ai toujours dormi 2h et je suis épuisée, incapable de tenir mon propos jusqu'au bout...

Demain, nous devons arriver à 8h sur la grande pelouse, en espérant pouvoir voir sur un écran ce qui commencera à 10h... C'est que Barack sait nous motiver.

mercredi 14 janvier 2009

Vegas baby!


Je reviens de 24h passées a Las Vegas. Quelle aventure !

Tout ce qu'on raconte sur Vegas est vrai et pour le coup, ce n'est qu'en déambulant à travers la rue (et même pas la ville) que j'ai ressenti l'effet Las Vegas.

Il s'agit donc d'une grande ville qui vit sur l'industrie des casinos, des spectacles incessants ainsi que du sexe. Que de femmes déshabillées sur les prospectus que les mexicains deux fois plus petits que moi nous tendaient tout au long de cette fameuse rue ! Denoal en a fait une collec' et c'était bien plus facile à obtenir que des images Panini.

Las Vegas est vraiment au milieu du désert et de nulle part.


Il y a cette grande rue de près de 5 km, bordée de casinos et de mini-villes, d'hôtels, de tout et n'importe quoi. On s'est senti à la maison, l'espace d'un instant. J'ai même pris la photo de deux coréennes devant l'Arc de Triomphe.
Nous avons aussi pu admirer les gondoles véniciennes dans un bassin depuis le Pont des Soupirs: merveilleux.
Las Vegas est, sans complexe.


C'est le bazar et c'est fait exprès pour qu'on n'ait aucun repère et que l'on s'évade sans notion du temps dans l'univers du jeu.
Il n'y a pas d'horloge dans les casinos ouverts 24h/24 et où les cocktails sont gratuits. Les cocktails gratuis vous épatent peut-être, mais que pensez-vous de la chambre d'hôtel à 45$ la nuit, pour 3 personnes ? Personnellement, après avoir testé hôtels, motels et lodges de la Californie, j'étais épatée. D'autant plus que nous avons séjourné au Circus Circus, le fameux hôtel de Las Vegas Parano.


En fait, c'est un hôtel un peu miteux, assez cheap mais très divertissant entre son parc d'attraction inclus dans un dôme de l'immeuble et les trapezistes qui font leur numéro au dessus des joueurs de casino !


Pour accéder à notre chambre, il nous fallait traverser un premier casino, un couloir plein de boutiques puis prendre un ascenceur pour arriver dans une autre espèce de galerie commerçante, traverser un autre casino et enfin arriver à un second ascenceur menant aux chambres.
Je ne me définirais pas claustrophobe, mais il n'est pas question de faire face à une situation
"sans issue" et je me sentais bouillonner d'impatience en cherchant la sortie chaque fois un peu plus. Oui, il faut vraiment chercher la sortie parce qu'autrement, on peut tourner en rond en ayant l'impression d'avoir avancé tout droit.


Pour ceux qui ont suivi les épisodes précédents, vous vous douterez que j'ai eu un pincement au coeur en pensant que c'était là que Céline Dion, si drôle a donné la performance qui a elle-même donné naissance à ce blog... En plus, on a vu des Québécoises dans un café, elles nous ont aussi beaucoup fait rire.
J'ai cherché Joey Tribbiani au Ceasar's Palace, ainsi que son jumeaux de main, mais il n'y avait pas de trace d'eux là-bas.


Le plus fou, dans cet endroit, c'est que ça existe vraiment. Que les serveuses sont vraiment en justaucorps, qu'il y a vraiment des vieilles dames qui jouent aux machines à sous, qu'il y a plein de frimeurs qui lancent des dés et qu'on nous propose de se marier partout. Drew qui fait le malin en me proposant sa nationalité à tout bout de champ en menait moins large pour le coup !
Quand une serveuse de diner m'appelle d'habitude "honey", à Las Vegas, toujours plus fort, on m'appelait "baby".



Je ne sais pas à quel endroit ce panneau fait référence mais il doit être vide, puisqu'à part l'argent (faut pas non plus pousser le bouchon trop loin), tout ce dont il s'agit à Vegas est interdit.

Je me suis vraiment demandée comment Nick, qui a été danseur classique à Las Vegas pendant plusieurs années, n'en avait que de très faibles séquelles !
Au bout de 12h, je n'étais plus bonne à rien et j'avais l'impression d'avoir passé ma journée dans un centre commercial, moi qui me lasse au bout de 30 minutes, épuisée par l'air conditionné et la musique d'ambiance.

Combien j'ai joué ? 5$. Je ne semble pas très bien m'entendre avec ces machines et je me suis achetée une chemise sur un coup de tête. Mis à part pour ce vendeur dont j'ai dû être la seule cliente de la soirée, Las Vegas a dû me détester : je n'ai rien fait comme il faut.

samedi 3 janvier 2009

Welcome to the Hotel California

Bonne année à tous ! En 2009, que du neuf !

Je reviendrai bientôt sur le prochain épisode Santa Barbaresque mais, que voulez-vous, la chronologie n'est plus respectée et j'ai du mal à rattraper le train de retard que j'ai pris. De toutes façons, je fais une boucle en Californie, donc on reviendra dans le sud de l'État bien assez tôt et j'aurais pu y passer à ce moment là !

Concentrons-nous sur San Francisco, ville au genre indéterminable !

Au cours des premiers jours, j'ai été assez impressionnée par la quantité de SDF qui peuplent la ville. Vraiment, on ne m'avait jamais mentionné cet aspect, et j'en suis d'autant plus tombée des nues. J'explique le stade très avancé de dégradation de ces SDF par deux facteurs : aucune assurance maladie, donc pas de soins et ce, depuis toujours ou presque mais également (information découverte récemment) le fait que les institutions relatives à la santé mentales ont toutes été fermées par Ronald Reagan à l'époque où il était gouverneur de Californie. Ainsi, sans aucun suivi, de nombreuses personnes fragiles se sont retrouvées livrées à elles-même. Ca donne un sacré résultat...

Mis à part cet aspect assez déroutant, la ville est incroyablement fascinante ! C'est effectivement assez européen, dans le sens où on peut se ballader à pieds contrairement à Los Angeles, mais ça reste tout de même très vaste. Les collines sont plus pentues que jamais, il y a même une rue dont le trottoir est un escalier !
L'atmosphère est vraiment agréable, malgré le brouillard, il me semble impossible de décrire ce que la ville dégage de si enthousiasmant. L'architecture joue un certain rôle là-dedans, mais ce n'est pas que ça. Comme le disent les américains, en français : la ville a un petit "Je ne sais quoi"!
Il y a un côté accueillant et chaleureux, malgré les victimes du syndrome de Tourette qui hurlent des insanité à tout bout de champ avant de s'en excuser...

Nous avons passé un jour de l'an très divertissant, dans l'appartement d'une amie de notre ami Nick (cf. Thanksgiving). Parce que oui, Clémence fait aussi partie de l'étape San Franciscaine et que Nick y est en ce moment pour quelques semaines. Il travaille dans un restaurant dans lequel nous avons dîné le 31. Le plafond était jonché de ballons de baudruche gonflés à l'hélium. Non, nous ne l'avons pas respiré pour changer notre voix, mais nous en avons transporté plusieurs avec nous, fascinés que nous étions par l'ambiance festive.
Et ce n'est pas tout ! Dès notre arrivée dans le restaurant, nous avons eu droit à une langue de belle-mère en forme de cône (pas du tout une langue de belle-mère, donc, mais j'ai oublié le terme approprié) ainsi qu'à une tiare Happy New Year, que nous avons joyeusement gardé sur la tête toute la soirée. C'était la fête, quoi.

Après le dîner, direction chez Larissa, qui a mis 15 minutes à comprendre que nous parlions anglais et que nous n'étions pas tous français (Jacob et Kirsten s'étaient joints à nous pour la soirée : tout Providence est à San Francisco !). Elle nous a proposé des cocktails avec des gestes et le mot : COCKTAIL ? Tout en nous expliquant qu'elle ne parlait qu'Espagnol ou Anglais, donc qu'elle était vraiment désolée...
La soirée s'annonçait très calme, contrairement à nous qui avions été mis dans l'ambiance au restaurant. Clémence et moi nous sommes donc mises à danser sur les sirènes du Port d'Alexandrie, histoire de réveiller un peu ces trentenaires déprimés (je vois déjà les gros yeux de mes lecteurs âgés, mais relisez la phrases et vous verrez "ces" ; il s'agit d'un petit groupe de gens). Ca a plutôt marché et nous nous sommes même lancé dans une démonstration de Tecktonik.

Attention, je m'explique. Nous sommes très amères du fait que nous souffrions d'un tel fléau qu'est la Tecktonik. Aussi, nous avons décidé de ne pas rester seules honteuses d'une maladie nationale et nous nous sommes dit que notre cachet de classe naturelle parce que françaises serait une bonne excuse pour faire croire à nos chers américains que si si, c'est une super danse et qu'ils feraient bien d'en faire autant !
Et vous savez quoi ? Ca marche ! Donc, pas de panique en France, même s'il paraît que la Tecktonik est déjà has been, ça ne sera que plus drôle de se moquer de cette nouvelle mode outre-Atlantique. (Y a pas de raison que la contagion marche dans un sens et pas dans l'autre !)
D'ailleurs, ce soir, nous avons vu un clip de Yelle sur MTV. Mission accomplie.

Bon, passage quelque peu honteux bouclé, je peux vous dire que nous avons tous mis le feu au dancefloor en jouant des chansons sur YouTube parce qu'il ne semblait pas être question de bibliothèque iTunes...

C'était une soirée très rigolote, 2009 a bien commencé.

Hier, excursion au Golden Gate bridge. Ca y est, ça c'est fait et c'est super joli ! Un grand pont tout rouge (un peu bruyant) très réjouissant (voyez les happy tourists que nous sommes)

Aujourd'hui, on a vu le Musée d'Art Moderne, c'était renversant. (J'essaie de varier un peu les adjectifs pour ne pas vous lasser et tenter de vous surprendre, même si en fait, tout est génial). Il y avait un expo sur la participation dans les expositions mêmes et Drew s'est donc retrouvé très occupé face à cette imprimante qui sortait des nouvelles de Reuters.
Ce soir, j'ai religieusement vu l'allée qui a inspiré Barbary Lane pour les Chroniques de San Francisco. Il manquait tous les personnages de la saga, c'en était presque triste. J'ai l'impression d'un pélerinage constant, c'est incroyable !

Je ne vous chante pas "quand San Francisco s'embrume..." mais il est clair que n'importe quoi devient une chanson ici ! La Californie a été chantée bien trop souvent !